Une équipe n’est pas l’ensemble des meilleurs individualités.

Si un beau nez, une belle bouche et de beaux yeux ne font pas toujours une belle gueule, le meilleur défenseur, le meilleur goal, le meilleur attaquant ne conduisent pas toujours leur équipe à la victoire. De même un grand savant ne fait pas nécessairement un grand pédagogue et un grand technicien n’est pas toujours un grand patron.

Oui, dans une performance individuelle, la maîtrise obsessionnelle de son champ d’expertise est un gage de réussite. Le détail fait la différence. Qui ne voit les routines, les rituels, les automatismes, les superstitions des grands champions sportifs et des grands patrons visionnaires tels Nadal, Zuckerberg ou Jobs. Il en va différemment dans les sports collectifs.

Oui l’Equipe de France n’était peut-être pas constituée des meilleurs éléments qui évoluent dans les clubs les plus prestigieux à des postes définis et dans des rôles attribués à l’avance. Quelques excellentes individualités, telles Benzema, ont même déploré leur absence de la sélection alors que de jeunes inconnus, tels Pavard, avaient été retenus. Ces désormais champions du monde avaient pourtant été repérés il y a plusieurs années. Leur personnalité, comportement collectif, aspirations, éthique avaient été analysés par les collaborateurs de Didier Deschamps.

La victoire est collective et la défaite est solitaire.

Oui, la victoire de l’Equipe de France c’est la volonté de vaincre ensemble, c’est des défenseurs qui marquent, des attaquants qui défendent et des joueurs sur le banc de touche qui partagent les mêmes émotions que les joueurs sur le terrain.

Oui, un dirigeant qui se considère comme une individualité rencontrera les limites de la loi des rendements décroissants. A vouloir perfectionner son talent majeur il s’épuisera au détriment de la mise en valeur de ses autres compétences pourtant indispensables au succès de son groupe. Si vous êtes attaquant apprenez à défendre, si vous êtes goal apprenez à tirer, si vous êtes introverti apprenez à être un animateur et si vous êtes directif apprenez à être à l’écoute.

Le savoir-être l’emporte sur le savoir-faire.

Le succès d’un dirigeant c’est son aptitude à mobiliser ses collaborateurs vers la réussite du projet commun de son équipe. Lui même ne doit pas être le meilleur technicien mais celui qui sait fédérer les meilleurs autour de lui, écouter, gratifier, encourager, consoler, transmettre l’envie de gagner et le bonheur d’être ensemble puis s’effacer à l’heure de la gloire au profit du collectif.

Chaque dirigeant peut devenir un grand patron en sachant bien s’entourer, en développant ses qualités relationnelles, en privilégiant le quotient émotionnel bien plus facile à développer que le quotient intellectuel ou la compétence technique à l’issue du cursus scolaire et universitaire. Aux hard skills, compétences du savoir-faire, nécessaires mais insuffisants il convient d’ajouter et de maîtriser les soft skills, compétences du savoir-être.

Dirigeant! Soyez une équipe réduite à un seul élément et cultivez en vous toutes les qualités de vos collaborateurs. La « gagne » est une compétence et elle s’apprend.

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