Parler est un besoin, savoir écouter est un art disait Goethe.

S’il faut à un enfant quelques années pour apprendre à parler il faut à un adulte bien plus longtemps pour apprendre à écouter et presque une vie pour apprendre à se taire selon un proverbe chinois.

Ecouter n’est pas entendre. Entendre est un des cinq sens; l’ouïe. Ecouter c’est aussi chercher le sens et sous le sens de ce qui n’est pas dit, avec son coeur et sa propre histoire. Ecouter c’est entendre ce qui est tû, entendre qui est le TU qui me parle. L’attention flottante, est une part de l’écoute thérapeutique du psychanalyste au même titre que le silence. En me disant ceci que veut-il dire, ou taire, pourquoi le dit-il ainsi, pourquoi cela a-t-il tant d’importance pour lui.

Ecouter c’est s’écouter.

Ecouter l’autre c’est aussi s’écouter soi-même car comprendre ce que l’on ressent à l’écoute d’autrui c’est s’interroger sur le pourquoi de nos émotions et de notre ressenti. Qu’est ce qui dans les propos entendus nous touche, nous pousse à réagir, réveille et rappelle des évènements de notre propre histoire.

Une écoute para verbale.

Ecouter l’autre ce n’est pas faire autre chose en même temps car il le ressentirait et se sentirait rejeté. Ecouter autrui c’est être concentré sur la parole du locuteur, le regarder avec intérêt, avoir un visage expressif, accuser réception de ses messages envoyés, opiner de la tête en signe d’acquiescement, exprimer des mimiques comme les emojis de nos mobiles, sourire si cela s’impose, maugréer des humms d’approbation, vous synchroniser sur sa gestuelle. Toutes les ressources du langage non verbal sont à votre disposition pour accompagner l’écoute.

Ecouter l’autre ce n’est pas lui répondre verbalement, sauf s’il vous le demande explicitement, c’est accepter que le silence attentif s’installe et que ce dernier répond déjà à sa demande d’écoute.

Reformuler pour mieux écouter.

Le silence, même habillé de signes non verbaux, n’est pas le but de tout dialogue et il est souvent nécessaire de relancer la conversation. Un jugement, une question de votre part, risquent de bloquer l’échange et de transformer la conversation en enquête ou rapport d’autorité. Cela doit se faire en reformulant ce que vous avez entendu avec vos propres mots afin que l’autre se sente écouté et compris. Sa reprise de parole, sa deuxième vague, vous apportera plus d’informations utiles sur sa demande et son attente que vous pourrez mieux traiter. Ce processus peut être réitéré plusieurs fois. Toutes ces techniques s’apprennent.

« Qui parle sème, qui écoute récolte » Pythagore